5 Notes

bateauxmorts:

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Golfe du Morbihan, août 2018

J’ai fait un nouveau blog avec des photos d’épaves de bateaux.

3 Notes

traitegeneraldeschoses:

La température de la pierre

C’est d’actualité, je me demande si les pierres ont une température intrinsèque et si oui laquelle. Quand il fait une température moyenne, normale, acceptable, les pierres sont toujours plus froides que leur environnement. En revanche par temps chaud, au soleil, les pierres seront plus chaudes. Attention pour ce faire, elles doivent être directement exposées aux rayons. À l’ombre dans une forêt, même s’il fait une chaleur étourdissante, les pierres seront plus fraîches que l’air. C’est à la fois un point commun et différence avec le corps humain. Pour subir une brûlure la peau doit être directement exposée aux rayons mais dans un environnement trop chaud, même ombragé, le corps et la peau vont chauffer. 

Peut-être, c’est une hypothèse, que la pierre emmagasine les températures. On fait par exemple chauffer des pierres pour la cuisine ou les saunas. Aussi si la pierre est plus souvent - la plupart du temps - froide, c’est parce que sa température descend la nuit, et que la balance du froid et du chaud penche structurellement du côté du froid. Aussi à moins d’une exposition directe à des rayons, la pierre reste froide. Quand on chauffe une pierre, elle réchauffe lentement et réduit peu à peu son état de froid pour passer directement au trop chaud. Elle n’est jamais vraiment à température ambiante.

Ce qui nous emmène à nous poser la double question et demi :

La pierre dispose-t-elle, comme les organismes relevant du biologique, d’une température intrinsèque ?

Quelle est la température d’une pierre dans un environnement constant, sans rayons de lumière ni température propre ? Mais cet environnement-là, qu’on pourrait appeler : le vide ; peut-on le créer de manière expérimentale et surtout, une fois qu’on y aura placé une pierre, comment le considérer comme vide ? Et d’ailleurs, qui est ici en mesure d’affirmer que le vide n’a pas de température ?

J’ai ouvert un nouveau blog pour voir si ça me faisait réécrire. 

7 Notes

La nuit est poreuse dans les deux sens

Sa couleur et ses motifs se déplacent mais nuit après nuit, la structure du sarcophage qui m'ensevelit demeure identique. Sa complexe mécanique opère toujours de la même manière. À l'iniquité du réel j'oppose unilatéralement une projection dans la fiction. En escalier dans le songe je contourne, j'invente et ma proposition s’impose. Mais personne ne peut remplacer le réel à lui tout seul et tout tourne au désastre. Je crois prendre les bonnes décisions et c’est l’inverse de ce que je souhaite qui arrive. À la fin, je tue.

Chaque nuit je tue avec un acharnement, une rage que j'ignore abriter. Je tue au-delà de la mort. Je massacre. Je profane. J'infamie. Taille les trachées jusqu'à la résistance des cervicales ; réduis les cranes en poussière à coup de planches cloutées ; éjecte le tout du haut de la tour et brûle les reliefs de ce qui furent des corps. Les cendres je les enterre, je tasse, je les recouvre de sang et de merde et quand il n'y a plus la moindre trace je m'adresse au réel « Mais bordel qu'est-ce que tu m'as fait faire ? »

Mais je ne t'ai rien fait faire du tout, tu t'es débrouillé tout seul comme un grand pour tout détruire.

Et je me réveille en sang en cendres en râle en merde en larmes pour ce qui reste de nuit mais je ne sue pas. Je ne sue plus. Une marée de boue saumâtre à vomir jusqu'à ce qu'il ne reste rien de la pellicule de haine qui s'est déployée partout entre ma chair et ma peau, dans mon estomac une tempête qui brouille tout ce qui vient du dehors, le transforme en rasoir sur mes nerfs et pollue tout ce qui sort du dedans, le change en nuage toxique. Je suis Tchernobyl mais j'ai explosé de mon propre chef. Une usine autonome enfermée dans son propre code vicié ; la procédure de mise en veille a disparu dans l'incandescence d’une colère qui refuse de se changer en tambour.

J’essaie de pleurer mais mes yeux sont désormais faits d’os ; mon cœur sec comme s’il été resté au soleil durant les éternités où j’épuisais mes forces au fond des mines de sel du Roi Salomon.

Je te cherche et je te parle du fond d’un ravin je te raconte. Il y avait la mer ici tu sais. Une étendue bleue mollement ridée, chiffonnée comme un drap au réveil qui clignotait aux dorures du couchant. L’île au loin découpait l’horizon. Elle n’était pas cette terrible montagne désolée autour de laquelle les rapaces tracent des cercles avant de fondre en pic sur les derniers rongeurs égarés.

Alors j’étais capitaine. À la tête d’en modeste équipage et sur un esquif famélique j’ai cherché des jours, et les nuits qui les suivent, et les nuits qui précèdent comment aborder l’île. On y trouve un seul point d’ancrage. Une tâche de lumière l’indique les nuits de pleine Lune.

L’île est un paradis. À ce détail près : on n’y trouve aucune nourriture. Ça n’a d’abord pas la moindre espèce d’importance tant on se persuade que les chants des oiseaux suffisent à survivre. On peut se nourrir du beau. Un temps. Ensuite on devient fou. Ce sont les carences et non pas la faim -elle ne survient jamais- qui font perdre la raison. J’ai tué mon équipage, me suis proclamé Centurion et invoqué les légions de la guerre, de la conquête et de la mort ; j’ai désarçonné la famine et sa monture j’en ai dévoré la chair, rongé les os à les rendre immaculés. Arraché les dents des mâchoires de mes hommes et avec creusé des flûtes dans leurs fémurs pour joindre ma musique aux chants des oiseaux.

Mais le son qui en sortait avait la tristesse des mères qui pleurent les fils tombés au front. Le hurlement du vent dans l’estuaire quand l’océan au loin rote le chalutier qu’il vient de dévorer. Les frères deviennent coraux dans les abysses peut-être mais je ne leur laisse pas ce loisir. L’arrogance de ma colère et l’acidité de ma rage invalident l’hypothèse même d’un Dieu bienveillant.

Les oiseaux qui chantaient sont partis. Ils ont emporté la mer avec eux. Sont arrivés les rapaces et les milices que j’avais moi-même extraites avec mes ongles de mes propres tendons. Sordides sentinelles d’un règne de terreur à l’orée des jours rouges foncés elles devenaient peu à peu séditieuses. Et ma dictature de l’horreur devait se retourner contre mes propres armées. Dans les foyers de leurs mutineries j’ai jeté tant que je pouvais les corps et au loin l’île devait ressembler à un arbre de noël mais elles parvinrent à m’assiéger. Sultan seul au seuil du solstice j’ai commencé à me dévorer et à me régurgiter en des cycles infernaux, d’abord pour demeurer et ensuite par gout. Devenir sa propre spirale infinie, sa gravité, son propre trou noir. Je n’ai plus besoin ni d’une île ni de la mer et encore moins de la surface de terre métallique craquelée qui la remplace. Ivre de mon enfermement j’ai commencé à dévorer les coursives et les murs du palais jusqu’à en devenir moi-même caillou, tour de guet, beffroi, donjon, Citadelle.

Et la nuit s’échoue aux rives de la journée et en salope les heures de graisses noires en apesanteur dont les vapeurs au couché viennent infuser la nuit suivante et pour l’éternité. La nuit et poreuse dans les deux sens.

J’aurais aimé ne pas être cette personne ambitieuse, maladroite, colérique et impatiente. J’aurais aimé être en capacité de faire des choix par envie, pas par calcul ou par défaut. J’aurais aimé me questionner moins sur ce que tu attendais de moi et user moins mon souffle à tenter d’éroder les contours de ce que je suis pour ressembler d’un peu plus près à ce que je pensais que tu attendais que je sois.

Depuis je paie. Juché sur cette dent de calcaire comme un inaccessible perchoir je surveille le ciel qui n’est plus bleu, ni noir ni gris. Pourtant j’espère encore. J’attends le retour du chant des oiseaux et ne m’autoriserai qu’alors à m’effondrer.

(Texte publie en janvier dans la revue La Lisière)

4 Notes

Deux affaires résolues

rienafoutrederienafoutrederien:

À défaut de répondre présent aux sollicitations ou d’honorer mes engagements, le week-end je résous. Pas toujours. Pas toujours volontairement. Rarement avec méthode. Mais parfois, d’instinct je contourne un problème pour l’observer à l’envers et il change de nature. Déserte le rang des problèmes pour intégrer la non moins abyssale cohorte des choses auxquelles penser.

Depuis des semaines, peut-être des mois j’ai cette douleur, peu franche, lancinante, au coude. Comme une pression incertaine qui, sans faire vraiment mal, se pose en obstacle à l’effort. Une sensation qui paraît correspondre d’assez prêt à ce qu’on appelle une tendinite, et même assez précisément à cette forme spécifique qui affecte les joueurs de tennis. Si, même d’assez loin, il m’arrive de fréquenter quelques formes d’activité physique, les jeux de balles et en particulier ceux qui requièrent le maniement d’un objet tiers n’en font pas parties. Mon léger, mais réel, strabisme divergent rend assez imprécise la situation exacte des objets pris de vitesse. Évidemment, on m’y a essayé, comme on m’a essayé à à peu près tous les sports, enfant, espérant que les renforts musculaires auraient raison de mon embonpoint - qu’on déguisait sous l’exécrable terme de « potelet » -, sans qu’aucun adulte n’ait à questionner le chaos rythmique et alimentaire de notre vie. Mon oncle disait que je serai ensuite un adolescent maigre. Et je l’ai un peu été. Pas à la faveur d’une poussée de croissance ou d’une révélation de ma « vraie nature », celle de fier hidalgo qui ne pouvait manquer de m’échoir, mais du fait de comportements anorexiques. Mon oncle était bien plus au fait de ce qui concerne l’adolescence qu’il ne laissait l’entendre.

D’où me vient ce tennis elbow orphelin ? Dans la nuit je l’ai vu. Depuis toujours je dors en enserrant dans mon bras quelque chose. Longtemps mon ours en peluche, depuis un coussin. Réveillé subitement par le miaulement agacé d’un chat au caractère déterminé, j’ai vu la position, senti l’effort. Je cultive ma tendinite en dormant. Il faut dire que le sommeil est également une activité dans la quelle je me suis longtemps, plutôt pitoyablement illustré. Je débute. Du moins dans le sommeil sans options, sans pyjama chimique, sans érosion artificielle de la vigilance. Sans crainte qu’une sirène dans la nuit n’ébranle au téléphone l’univers connu. Le sommeil est neuf, j’aime bien, mais m’y abandonne sans doute avec une passion débutante trop candide, sans échauffement. Je voudrais dormir sans cesse mais je suis trop vieux pour ça, mon coude m’en informe. Affaire résolue.

J’ai également découvert que je pouvais assez vite faire taire les déclarations morbides de ma mère en lui disant que je l’aime. Depuis peut-être pas toujours, mais au moins la mort de mon père, ma mère me dit qu’elle se fiche de mourir, qu’elle ne veut pas vieillir (trop tard), que tout ça l’indiffère et que non non, ce n’est pas qu’elle n’aime pas la vie, au contraire, mais elle sait que dans l’éternité -ma mère est une sincère catholique de gauche-, il n’y aura que l’amour et ça lui convient bien. Au cours des années le discours est passé par le « vous êtes grands, vous n’avez plus besoin de moi » - thèse rapidement réfutée par la naissance de ses petites-filles -, pour atteindre ces dernières années, au grès des anfractuosités d’une horlogerie vieillissante à « je suis en train de mourir ». Hier ce message « je ne reverrai jamais l’Espagne ».

Enfant je manifestais ma peine avec les seuls moyens que je tenais à disposition. Le chagrin, les armes. Sa réponse était alors de me culpabiliser ; je n'avais pas le droit de m'opposer à ce qu'elle souhaitait, c'était égoïste de ma part. Préserver ses propres comportements égoïstes en accusant l'autre de l'être est malheureusement une mécanique que j'ai parfaitement intégré et dont j'essaie chaque jour avec une incroyable difficulté de me défaire. Jeune homme raisonnable, j'opposais à ses invocations morbides des choses sensées, logiques. Mais la logique est un matériau flexible duquel l'absurdité sait parfaitement se vêtir et ces abrutissantes conversations sans fin avaient des allures de tarentelles dans un trou noir. Adulte pressé, ma peine est devenue colère et je n'ai plus toléré le moindre de ses écarts dans ce territoire sans l'engueuler, vertement, parfois confusément, souvent trop hâtivement. J'ai été sec, sourd, vindicatif et injuste

.Hier je me suis vu lui répondre très calmement « mais si, on y retournera en Espagne, je t'y emmènerai ». Et elle s'est apaisée. Merde, ça fait 32 ans que tu attends juste qu'on prenne soin de toi ? Tu crois pas qu'on aurait gagné du temps si tu avais laissé un peu de chances à ceux qui ont tenté de le faire ? Non. En réalité je n'ai pas à juger de la pertinence de tes choix. On n'est pas des choses uniques et immuables. On ne fait pas que des choix intelligents et il n'y a pas de chemin de dépendances là-dedans. Si tu as juste besoin d'être sûre que je t'aime alors je te le dirai encore, je te le dirai plus souvent. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'est le fardeau de ta douleur et je n'ai pas à te culpabiliser de ne pas vouloir le partager. Tu fais tes choix et je t'aime. En retour laisse moi faire les miens. Ta vie ne me fait pas envie et tes conseils pour vivre la mienne, au mieux m'indiffère, au pire vont me remette en colère. J'essaie péniblement de me persuader qu'on ne récolte ce que l'on sème que si on en a envie, mais pas encore assez pour avoir envie de semer quoi que ce soit.

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Rond point

rienafoutrederienafoutrederien:

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C'est l'histoire d'un carrefour. Un peu semblable au rond point de Moutiers où se télescopent les accès aux 3 vallées. Un nœud circulatoire constamment saturé de flux indigestes en contradiction. Parfois je le regarde et j'attends que ça tumorise, que ça éclate et puis non. Rien n'explose, seulement un ralentissement anxieux, le faux arrêt qui couve la colère et nourrit l'énergie noire. S'il est là ce nœud, c'est qu'il ne peut pas être ailleurs et chaque fois qu'un géomètre utopiste a voulu tracer une dérivation, des véhicules sont tombés dans le ravin. La mort est l'itinéraire bis de la colère. Bien joué le géomètre. On arrête tout on attend. On annule la zone. Ça va régler quoi ? Ça va régler rien mais on a besoin de penser pour trouver la solution. Mais si tu évacues le problème comment tu veux lui trouver une solution ? On n'a plus besoin de solution si on n'a plus de problème. Mais le problème tu ne l'as pas annulé, c'est faux. Tu as juste arraché les pages du cahier d'histoire.

Ma paire de bras je l'ai étendu pour abattre mes mains sur ma bouche et une fois qu'elles s'y sont calcifiées la seconde paire a poussé et j'ai caché mes yeux puis j'ai attendu la troisième paire pour boucher mes oreilles et minéraliser intégralement. Attendre l'érosion parce que personne ne dispose de plus de six bras. J'étais paré de la riche cape impériale de vigne vierge quand dans 100 000 ans on me trouvera. En ce temps là l'eau se changera en vinaigre blanc et même si je suis troué de cratères l'abrasion fatigue l'armure dans laquelle je ne pense à rien. Quand vint l'automne j'étais debout et certains de mes bras sont tombés quand ils se sont accrochés aux ronces et je demeure avec la seule question : comment on survit à présent aux images ?

Depuis la ruche où je me tapis dans les rayons pour échapper au courroux de la Reine ; je le regarde et constate la plus humble vérité. Rien n'est plus satisfaisant dans une vie que de voir pousser du persil et sincèrement, tu n'y es pour rien.

8 Notes

rienafoutrederienafoutrederien:

Dans deux jours j’ai 36 ans et quelque part entre dans deux jours et dans 367 jour je vais avoir l’âge de ma mère quand je suis né et quelque part entre dans 367 jours j’aurais l’âge de mon père quand il est mort alors dans l’espace entre dans 367 jours et les 365 jours qui suivront je serai pour toujours plus vieux que lui et quelque par entre dans deux jours et le 24 juin je vais dépasser le point médiant et avoir vécu moins de jours entre ma naissance et ta mort qu’entre ta mort et maintenant. 

Je n'ai pas toujours su que j'étais un lâche vois-tu. Nous les lâches on ne décide pas de l'être, la lâcheté n'est pas un acte qui se concrétise dans une forme positive. Parce que décider d'être lâche serait déjà faire preuve de la décence d'assumer de l'être. Or, je suis lâche face à ma propre lâcheté. Une fuite devant un danger relève de l'instinct de survie. La disparition comme solution perpétuelle est en revanche la marque d'une grande lâcheté. Je ne fuis pas, c'est vrai ; Je disparais. J'attends. Je laisse les plaies se gangrener plutôt que d'affronter la morsure du désinfectant. Au bout d'un moment le morceau tombe, il est sec. Il est mort. On en revient toujours à ce membre fantôme qui même absent démange. Et c'est trop tard.

Tu as un neveu. Il a eu 17 ans et je ne l'ai jamais vu. On appris que ta sœur était enceinte peu de temps après ta mort, la dernière fois que j'ai rendu visite à tes parents. Où j'ai promis à ta mère que je repasserai vite et que l'on se réunirait tous chaque année pour le solstice d'été, puisque les feux de la St Jean résonneront pour toujours comme la bande-son de ton absence. Ta sœur était enceinte de l'espèce de connard que tu détestais et qui a allumé un cigarillo dans la chambre où tu gisais. C'est Gregory et Jean-No qui me l'ont dit, je ne suis pas allé voir ton corps mort. Là, pour le coup, c'était volontaire. J'ai juré que je n'en verrai jamais plus de mon propre chef après celui de Frantz. Ce connard, elle l'avait déjà quitté, Patricia, quand elle a appris qu'elle était enceinte. Je crois qu'il avait levé la main sur elle, c'était le genre de mec dont on pouvait malheureusement attendre ce genre de comportement. Elle est partie. On a promis qu'on serait là pour elle, et les autres l'ont été. Pas moi. T'aurais bien aimé que je sois là pour elle, même avant, je sais bien. Tes parents aussi. Je le sais. J'ai eu des maux de ventre pendant toute sa grossesse à l'idée qu'elle puisse l'appeler comme toi. Tu étais un tel soleil dans cette famille, ils n'étaient pas équipés pour subir ton absence. J'ai eu peur qu'ils veuillent incarner ton fantôme. Peur que cette vie à venir soit désignée lumière remplaçante sans avoir son mot à dire. Et puis non, j'ai appris qu'il avait été nommé autrement. Quant au poids qu'on lui a éventuellement fait porter je n'en sais rien. J'avais disparu. Je voyais encore Gregory et Jean-No et ils me donnaient des nouvelles, et me demandaient pourquoi je n'y allais pas — avec eux, si c'était trop dur, ils comprenaient —, et je répondais que oui oui, j'allais venir. Et même je le pensais et puis non. J'ai fini par disparaître pour eux aussi. Et puis pour tous, pour Roch et Marion (tu t'y attendais à ça toi ? Ils ont même 2 enfants je crois), pour Guilhem et Claire (on savait bien qu'ils finiraient ensemble, je sais pas dans quel endroit du monde ils vivent mais ils sont parents aussi).

Je sais rien pour Annabelle. Je l'ai revue quelques temps. Le premier mec qu'elle a eu, tout le monde était au courant et avait pour consigne de ne rien me dire. On s'est vus en tête à tête un soir pour qu'elle me le dise. Je sais pas si elle avait peur que je l'insulte ou que je m'effondre en larmes. Penser que la première option ait pu lui traverser l'esprit me terrorise quant à l'image que je peux renvoyer de moi-même. Je lui ai juste dit que je souhaitais qu'elle soit heureuse et qu'elle n'avait de compte à rendre à personne. Et qu'en tant que fils de veuve j'étais assez bien placé pour savoir que ce n'était pas la meilleure voie pour être heureuse.

Je ne sais pas si tes parents sont en vie. Si c'est le cas, j'imagine qu'ils se disent que j'ai disparu parce que je m'en foutais, que je ne t'aimais pas tant que ça. Que je suis un égoïste parti faire ma vie loin de la douleur. Sur presque tous les points ils ont raison. Je ne suis jamais parvenu à faire ma vie. Je construis et cycliquement j'attends que tout disparaisse. Je ne connais jamais personne depuis plus de 5 ans. Si tu savais comme c'est devenu difficile de m'aimer. De m'aimer vraiment je veux dire, comme tu m'aimais. Parce que oui, s'ils le pensent tes parents se plantent aussi à ce sujet. Je t'aimais. Je t'aime. Depuis bientôt 18 ans je n'ai pas passé une putain de journée sans penser à toi. À ta mort, un ami de la famille, qui se trouvait être prêtre m'a écrit « les frères sont les amis qui nous sont imposés, les amis sont les frères qu'on se choisit ». Et tu vois bien là que la religion ne comprend rien à l'amour. Comme si on avait choisi. Rappelle-toi, on se détestait au début. Je te trouvais prétentieux, tu me trouvais poseur. Je trouvais que tu te la pétais avec tes bouquins et ton théâtre, tu me trouvais méprisant avec ma musique et grotesque avec mes attitudes de faux rebelle. On n'a pas eu le choix, jamais. Quand tu m'as dit qu'un jour — d'ici genre deux ans —,   tu allais épouser A. et que je t'ai dit en rigolant « oh laisse moi organiser ton enterrement de vie de garçon ! » , tu m'as répondu « mais abruti, qui veux-tu qui soit mon témoin à part toi ? » . Et il n'y avait aucun choix là-dedans. Juste l'évidence.

Quand tu es mort je suis mort. J'ai su que je n'aurais jamais plus autant d'importance pour personne que ce que j'en avais pour toi.

Tes parents ont raison, je suis un égoïste.

5 Notes

Premier croissant, ascendante, 9%

lalunedesreves:

Mam, je sais pas ce qu'on fait là. Je pense qu'on sort de chez ton boucher mais je ne mange plus de viande depuis 3 ans et lui-même n'en vend plus depuis plus de 2 ans. On s'est garé à côté de la Cathédrale mon coeur. C'est le plus pratique pour aller trouver des cadeaux pour les nouveaux-nés. Ah oui on pourra aller à polynômes. Mon Nico ça va être compliqué, c'est à Montpellier, ici on est à Alès. On peut passer chez Sauramps si tu veux mais c'est un peu prématuré d'offrir des livres à des nourrissons. C'est marrant quand même que deux de mes belle-sœurs accouchent en même temps. Ça va faire des cousins jumeaux. Bon des faux jumeaux puis qu'il va y avoir un garçon et une fille. Comment tu le sais ? Je sais ces choses là. Mon frère ne peut avoir que des filles. De toutes façons ils ne seront pas cousins, ils n'ont pas de liens du sang. Je sais pas à quoi ça sert d'entretenir l'idée d'une famille si c'est pour en avoir une vision aussi étriquée. Tiens ton cousin Pierre va être papa aussi. J'ai un cousin Pierre ? Ne fais pas l’andouille, ton cousin du côté de ton père. Bah tu vois, c'est exactement ce que je disais. J'attribue pas au sang le droit de me lier d'une manière ou d'une autre à des gens qui nous ont rejetés. C'est plus compliqué que ça mon cœur, tu étais petit. Justement. Y'a plus Greff ici ? Depuis plus de 10 ans je crois. On peut passer à la société générale ? Je dois sortir une somme conséquente en liquide pour payer le loyer de mon local. Mam, je comprends pas ce qui vient de se passer, regarde. Ah oui c'est curieux. Je ne savais pas qu'ils faisaient ça. Mais ça va faire 20 ans qu'elle est morte Mamé, pourquoi j'ai des chèques d'elle, remplis avec son écriture incertaine, qui sortent de ce distributeur ? Tu pensais qu'elle cesserait de veiller sur toi, juste parce qu'elle est morte ? Tu te rappelles que dans ses derniers jours d'autonomie, la seule chose dont elle était capable de se rappeler c'est que tu allais manger chez elle. Votre lien est plus fort que le sang ou un affaire aussi triviale qu'une distinction vie/mort. Non mais ça je sais. J'ai mes aises dans l'autre monde, la communication est rare dans l'autre sens mais ça ne me surprend pas. C'est surtout que… d'où il lui reste de l'argent ? Je l'ai eu ma part de son héritage, j'ai acheté mon ampli avec. Oui mais il a brûlé avec ton appart. Peu importe, j'ai eu ma part, c'est pas juste pour les autres. Les autres ils ont fait des choses de leurs vies dans le but de gagner de l'argent, toi t'es toujours fauché mon cœur. Bah oui, je fais tout le temps n'importe quoi. Ta Mamé n'a jamais aimé qu'un homme, et il méprisait à part égale l'armée, les curés, les communistes et l'argent. C’est toi qui a hérité de la part des rêves mais c’est pas un métier.   

La suite ici ->

6 Notes

Coincé dans la ligne 1 du tramway à Montpellier celui avec les oiseaux je vais je viens en pantoufle et peignoir entre la neige et la sueur. Salut Marie Salut Nicolas t’as bonne mine, une petite taureau alors ? Tu fais quoi en pantoufle ? C’est le second rêve cette nuit où je rêve de pantoufle et la  12775e nuit que je rêve que je suis enfermé. Tu n’es pas enfermé regarde, les portes s’ouvrent. Elles s’ouvrent mais il n’y a pas mon arrêt tu crois quoi, j’ai essayé. Je dois descendre chercher une attestation à Vitajob c’est à coté de pôle emploi l’arrêt c’est les Halles Castellane c’est après l’arrêt Boutonnet. Il n’y a jamais eu d’arrêt Halles Castellane elles sont en plein écusson. Peu importe je sais où je dois aller mais quand je descends à Boutonnet il neige et je sue je dois courir et appeler à l’aide mais rien ne sort de ma bouche. je suis sorti j’ai longé les rails et puis me suis perdu, croisé Billie et Kheira qui fumaient en bas, j’ai tenté de rejoindre la ligne j’y parvenais pas je devais escalader le monticule en pantoufle c’est pas évident. Il est où le conducteur il n’est ni à l’avant ni à l’arrière. Ils vont où les tramways quand tu en sors. Ils vont là où tous les tramways vont j’imagine. Peut-être qu’ils vont là où tu voulais aller ? Juste pour me faire chier ? Non parce que c’est la bonne destination, mais toi le mauvais passager.


Ceci était le dernier post de ce blog. Il ne ferme pas mais j’en ai, je crois épuisé le fond comme la forme. Merci à tous ceux qui l’ont fidèlement lu au cours de ces 5 789 années. C’est à dire maisouvontlespoussières, KMS et Rom.

8 Notes

La main

Pour ce travail je regardais des heures d'interviews de Keith Richards. Le jeune avait de beaux cheveux, le vieux a les doigts façonnés par 55 ans de guitare. Pas seulement tordus, mais les phalanges épaisses. Des mains d'ouvrier du rock. Je regardais ses mains et puis les miennes. Mes mains sont les seules parties de mon corps que je trouve belles. À vrai dire je n'en aurais même pas voulu d'autres. Belles, selon les canons académiques. Fines mais masculines, juste assez gravées de veines pour signifier que je ne suis plus tout à fait un jeune homme. Mes mains sont les seules parties de mon corps dont je suis satisfait. Ma barbe cache un double menton et une rondeur de visage poupine en totale contradiction avec ces tranchées autour de mes yeux qui relèvent plus d’empreintes de dinosaures que de pattes d'oies. Des yeux qui louchent un peu, à la couleur indécise et dont la commissure tire vers le bas, me donnant un regard souvent bovin, toujours inadapté à la situation. Comme ma voix, dont le son quand j'ouvre la bouche ne concorde jamais avec ce que j'en attends, trop grave ou au contraire trop pointue, souvent rapeuse et toujours entachée de cet accent rural - Tu fais quoi dans la vie ? Je suis journaliste. Ah oui, journaliste sportif ? Non. Ah je t'aurais bien entendu commenter des matchs de rugby - Connard. Mes pieds sont horribles, plats et rocheux, des pieds de hobbit piqués de mollets droits comme des poteaux supportant des genoux qui quiscent d'où partent des cuisses démesurément longues qui s'achèvent sur des hanches saillantes, beaucoup trop hautes. Féminines. Rendent imprécises mes fesses. Détachent des poignets de peau flasque reliées à un ventre toujours mou quand bien même je tombe largement en dessous des limites de poids raisonnables eut égard à ma hauteur. Ma cage thoracique est gigantesque et sans reliefs, s'y vissent des bras trop maigres. Ma tignasse, trop épaisse pour retomber mais pas assez crépus pour avoir du style. Mes mains sont les seules parties de mon corps dont je suis un peu fier.

Et pourtant si sur l'endroit, quoi que ponctuellement cisaillées des fossiles de mes années de crapahutes sylvestres, elles présentent un soin administratif - des mains qui n'ont jamais connu ni la guerre ni l'usine - leur envers porte toutes les générations qui m'ont précédé. Mes lignes sont illisibles tant elles sont nombreuses. J'ai soudain des mains de vieillard, topographiées comme la carte IGN d'une zone montagneuse, brouillon comme les cheveux de Linus. Des mains dans lesquelles je reconnais celle de ma grand-mère. Ma belle minuscule Mamé et ses yeux gigantesques, capable de percer les falaises.

Probablement j'ai fripé à jamais ces mains durant ces interminable bains solitaires des mois durant dans l'eau tiède du Golfe du Lion. À la plage je me fais chier et je brûle. Je n'ai pas la peau de cuivre de ma mère et je brûle. La crème fait se coller le sable sur la peau brûlée et c'est comme enfiler une chemise de papier de verre après un pealing. Le retour de la plage quand il faut en plus remettre un t-shirt sur l'ensemble est une torture. Alors la solution que j'ai trouvé c'est de rester le plus longtemps possible dans l'eau, pour éviter le sable. Je brûle mais je ne le sens qu'au retour sous la douche et la morsure du sel me semble moins douloureuse que le ponçage du sable. Je suis seul dans l'eau. Je ne vais pas vers les autres enfants, les garçons vont me parler de football et les filles se moquer probablement. Je suis gros. T'es pas gros mon coeur, t'es potelé. J'ai l'impression qu'on parle d'un porcelet dont on se réjouit par avance de voir la peau graisseuse se cristalliser en chips animale après plusieurs heures à la broche. Je hais le qualificatif “potelé” plus encore que le fait d'être gros. On ne rend pas l'horreur mignonne. On ne résout pas les choses en leur donnant un mot faux. Les adultes sont condescendants alors que la plupart sont des cons. Ils savent moins de choses que moi et la lenteur de leur cerveau est la chose au monde qui plus que toute autre me fait perdre ma patience. Que pensez-vous que vous allez m'apprendre ? Vous croyez avoir des leçons sur la vie à me donner alors que toutes vos existences sont merdiques ? Ça vous rassure de vouloir que je veuille vivre comme vous, ça voudrait dire que vous avez fait de bons choix ? Vous êtes minables. En fait vous me reconnaissez le pouvoir de juger votre existence, vous me prenez de haut mais au fond vous me faites allégeance. Mais moi j'en ai rien à foutre Vous savez. Vous n'avez fait aucun choix, vous avez subi, et probablement je subirai aussi, mais si c'est pour m'ennuyer autant que vous et me complaire dans ces rapports de surface, cette superstition grotesque avec votre hippie anorexique à poil sur une croix et manger votre bouffe de merde en regardant la télé je préfère aller nager le plus loin possible quand l'eau devient noire. J'ai peur. C'est un sentiment authentique au moins. Pas comme vous quand vous dites que vous allez faire la route de nuit parce que vous avez peur des bouchons au péage. Moi j'ai peur que la mer m'avale. J'ai peur de la mort et si c'est pour aller me faire chier avec des gens tièdes et beiges dans votre paradis j'aimerais autant éviter. Je sors de l'eau quand la température extérieure et la température intérieure commencent à se rapprocher. On rentre et je vais pouvoir trouver encore un peu de solitude sur la terrasse, et puis sous la douche où je vais rester le plus longtemps possible. Une fois le sable évacué je boucherai la baignoire pour profiter d'avantage de l'eau chaude qu'offre le ballon. Une fois dehors je ne serai plus seul avant le coucher, l'insomnie. Le sommeil, le réveil que je vais faire durer jusqu'à la limite de ce que peut contenir la vessie. Je peux atteindre les bons jours jusqu'à 6 heures de solitude. Si je parviens à en dormir 6 la nuit je n'ai plus qu'une demi journée à supporter le monde. Vivement la rentrée, c'est beaucoup plus simple d'être seul classe.
J’étouffe en permanence. Je n'arrive pas à me remplir d'air. Je suis nerveux en permanence et j'ai peur du noir. J'ai peur de la mort et je ne trouve nulles part de réconfort. Comment les adultes pourraient me protéger de la mort alors qu'ils n'arrivent pas à s'en protéger eux-mêmes ? Il y a du y avoir quelques adultes doués de créativité à un moment pour trouver des logiques spirituelles à la mort. Sauf qu'en fait ce serait plus intéressant de chercher à mourir un peu moins plutôt que d'expliquer pourquoi on meurt non ? On meurt parce qu'on fait confiance aux autres pour veiller sur soi alors que les autres s'en fichent. On doit seul veiller sur soi-même, on ne manque jamais à personne. S'en remettre aux autres c'est une faiblesse. Ils ne s'occupent de vous que pour se satisfaire eux-même, se donner l'impression de faire le bien. On tourne en rond. J'ai baisé les psy, qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir y faire des cons là ? Pourquoi ils me parlent avec cette voix doucereuse, j'ai l'air d'un chaton connard ? Tu crois que je vais venir me faire caresser le ventre parce que t'as une voix douce ? C'est quoi le machin chez les cathos et le psy avec la voix ? Les mecs vous êtes pas des fakirs, vous portez des mephistos et des pulls camionneur. En famille c'est moins simple, il faut jouer des moments. Faire croire qu'on n'est pas tombé dans le gouffre,mais sans surjeu, sinon c'est louche. S'autoriser la tendresse et l'empathie, laisser monter parfois publiquement la mélancolie mais ne jamais parler de l'angoisse, sinon ils vont vouloir vous rassurer. Et ce sera pire que tout. Je peux bien me passer de la vie physique après tout, j'ai assez d'histoires dans ma tête pour tenir une vie.

Je croyais. J'ai du devenir adulte à un moment pour autant m'ennuyer en ma présence. La solitude c'est comme un plaie que l'on se creuse et puis on rentre dedans et la coagulation de la croûte nous protège à l'intérieur. Et puis ça cicatrise et on est enfermés dans son propre corps.

À l'intérieur J'ai des mains de vieillards mais qui n'ont jamais rien fait. Juste des rides à force de n'avoir jamais desserré le poing.

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Au pied du sapin je n'ai trouvé que ton absence

öpinel

Au pied du sapin je n'ai trouvé que ton absence

C'est sans doute de cette manière qu'enfant, on maîtrise le chaos ambiant qu'on perçoit de manière inconsciente ; en établissant des rituels. Cette discipline quasiment militaire avec laquelle chaque soir, je disposais mes peluches dans mon lit et leur assignais des tâches dans l'équipage naval que devenait alors mon lit, leurs postes de combat contre les monstres qui surgiraient une fois disparus les traits de lumière de l'encadrement de la porte. Une fois que j'allais dormir surtout, si toutefois cela devait arriver. C'est moins de la nuit que du sommeil que j'avais peur.

J'adorais noël. Tout le monde, y compris les chaînes de télé avait compris le besoin de rituels et s'attachait à reproduire la même formule stricte chaque année. Les rediffusions d'Astérix, des Gremlins, de la Caverne de la rose d'Or.

Le rituel que je préférais était l'arrivée des cousins. On nous couvrait de cadeaux Éric et moi bien entendu. Les adultes, même les plus aimants, même les plus sensés, ne peuvent pas s'empêcher de croire qu'on comble le vide avec des présents. La vérité c'est qu'Eric était encore au berceau quand son père est parti et que je n'avais pas de souvenir du mien. On ne souffre pas sur le coup d'une situation initiale. Et tous les jouets du monde ne valaient pas le vertige et l'envie de gerber qu'on se foutait sur le tourniquet du jardin du Colombier.

Le premier noël après la mort de mon père nous étions allés chez eux pour noël. De toutes les mauvaises idées qu'a pu avoir ma mère, traverser la France en Renault 5 -pas une Supercinq, le modèle précédent-, avec un gamin qui dégueule au moindre virage, et promener ce même gamin, toujours les yeux dans la Lune, dans une capitale surpeuplée figurent en bonnes places. La décision de ne plus revenir à Paris a sans doute été prise au moment où l'on a dû bloquer une rame de métro pour décoincer ma tête enserrée dans les portes du wagon. Tous les noël suivant ont ensuite eu lieu chez nous.

Ma propension à tricoter la nostalgie en tissu doux et cotonneux aidant, j'ai toujours gardé ce goût pour noël. Enfin je crois. Je l’ai senti s’évanouir d’un seul coup l’an dernier mais peut-être que les choses se sont faites progressivement. L’an passé j’ai passé les fêtes dans des trains, seul avec moi-même et je n’avais pas grand choses à me dire. Assommer chaque gueule de bois en fabriquant la suivante. Ignorer les brûlures d’estomac, l’indigestion qui vient. D’arbre en arbre rire plus fort en espérant que les plis des yeux camouflent les cernes. M’échouer de tout ça déchiqueté. D’arbre en arbre, au pied de chaque sapin, je n’ai trouvé que ton absence.