À bas l'humanité Avatar

6 Notes

On est devenu des adultes ou c’est autre chose qui s’est passé

Peut-être que le temps n’est rien ou qu’on n’est juste pas à même de le comprendre. Peut-être bien que d’un point de vue quantique on peut être à la fois là, le 21 octobre 2014 et là-bas, le 9 septembre 2010. Mais ce serait nier que ce 9 septembre 2010 a été une porte. Il y eu un avant et un après 9 septembre 2010.

Ce soir là le concert de Women au Café de la danse avait tordu nos estomacs dans tous les sens. On faisait semblant de pas trop prendre cher mais les yeux étaient salement humides. Derrière, une bande d’adolescents attardés s’est pris pour un gang et s’en est allée rétamer un saloon. Ça valait toujours mieux que d’accepter que nos vies étaient merdiques. Coincés entre le chômage, les boulots pourris, les galères de meufs et les rêves de grandeurs. On errait titubant le ventre plein de bière, et de rien d’autre. À plusieurs reprises dans la soirée des étincelles bleus annonçaient les prémices de quelques bouleversement de l’univers à venir, mais il aurait fallut une bien plus grande confiance en soi pour savoir les interpréter.

Puis il y eu ce mail annonçant la mort de Chris. Chad a publié ses derniers enregistrements.

Puis peut-être qu’on est devenu des adultes. Ou c’est autre chose qui s’est passé. En tout cas on va mieux.

J’ai vu passer une chronique d’un EP de Viet Cong le mois  dernier, sans y prêter la moindre attention. Ce n’est qu’une brève mettant en avant le fait que les 2 Women restant jouent dedans qui a attiré mon oreille.

9 Notes

La part d’absence

C’est toutes les nuits en ce moment. Et parfois j’ai l’impression que mon inconscient doit vraiment prendre mon conscient pour un con à lui envoyer des messages aussi explicites. Toutes les nuits je m’étouffe. Avant je courais. Longtemps j’ai crié et il n’en sortait pas un son. Aujourd’hui je m’étouffe. J’ai besoin d’air et il n’y en a pas. Il a déserté l’espace. Comme si encore une fois… tout était trop petit. Comme si j’étais contraint de survivre avec moins qu’il ne me soit nécessaire. Un environnement incomplet.  Rester en vie sans air. Je me rabougris, je panique, je me réveille. Le contexte des rêves change peut-être mais je n’en garde aucun souvenir. Juste l’étouffement. Entre 02h et 04h. Et je demeure en sueur, hébété, à fixer le plafond. 

Je finis toujours par me rendormir un peu méfiant. Mais ces heures où le repos fait grève s’accumulent et grattent un peu plus ces canyons noirs sous mes yeux. Rongent mes nerf, érodent ma patience, dissipent mon attention. Les nuits de demi-sommeil succèdent aux jours de demi-éveil qui eux-même précèdent des nuits de demi-sommeil. C’est une présence incomplète que je propose au monde. Ne me fais aucune confiance, ma part d’absence marche avec moi.

8 Notes

Tout est trop petit

Tout est trop petit, rien ne rentre. C’est comme ça. Trop petit. Les journées, le salon, les nuits, la discothèque, le champ des possibles. Y’a jamais rien qui rentre, on n’a jamais l’espace. On respire toujours qu’à peu près à moitié, au trois quarts au mieux. On s’en contente et tout l’air qui manque concentre son absence dans l’estomac qu’il atrophie un peu plus chaque jour. Il y a un tempête d’énergie, une explosion nucléaire calfeutrée dans un grain de sable et elle sait que quand elle ne tiendra plus tout explosera et l’univers qu’elle créera gagnera l’espace dont il a besoin. Développera une expansion constante. En attendant 2014 tente de faire rentrer une 13e Lune et fait se serrer les 12 autres. Ça tiendra jamais. C’est trop petit.

73 Notes

descendents:

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Hihi

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7 Notes

indiectators:

Je frissonne pas parce que j’ai froid

Parfois moi-même j’y crois. Je crois vraiment que je suis indestructible. Physiquement, moralement. Tout. Je pense que rien ne peut m’atteindre, jamais. Mais au fond de mon estomac, croupit un marécage fétide dont je contiens perpétuellement les aigres effluves. Tu sais, si les gens qui se plaignent m’impatientent tant, si je leur reproche d’être responsable de leur malheur, c’est pour me persuader que j’y suis pour quelque chose dans le fait d’être debout. Je suis injuste. Je n’y suis pour rien. Je suis juste soumis à cette effrayante capacité à transformer la douleur en tambour, la tristesse en agressivité. J’ai fini par me persuader qu’il était bien plus valable d’être un ouragan en prison qu’une marrée basse ouverte au public.

Mais j’ai l’humeur météorologique et l’interprétation variable. Et quand blanchit le ciel et que la Seine brunit comme le Gange, j’y vois circuler mes cadavres. Et sous ma chair s’immiscent les lames de rasoirs qui détaillent un à un mes nerfs et les déshabillent de leurs gaines. Les laissent comme de fils électriques à vif qui courent sous une peau trop sensible. Trop brûlante. Je frissonne pas parce que j’ai froid, tu sais.

Notes

Je ne suis pas en train de pleurer, seul dans l’openspace désert en réécoutant cet album, non.

9 Notes

indiectators:

C’est vendredi, c’est jazzy : Au revoir Jacques.

Nous te souhaitons de retrouver Cécile.

Nous qui restons ici continuerons à guetter les sons aigus, à rêver de girafons nageurs, à patauger gaiement dans les contretemps facétieux et à suivre en gambadant tes changements d’harmonies. Comme des enfants, des petits singes espiègles et mélancoliques, toujours parés pour syncoper en riant.

4 Notes

Tout est vrai (ou presque) - Kanye West

Voilà, mon deuxième épisode (le premier auquel j’ai participé dans l’ordre de l’écriture d’ailleurs) a été diffusé hier soir. On se revoit l’an prochain les loulous ?

19 Notes

C’est pas la bonne odeur

Bien sûr si on m’avait demandé de choisir, j’aurais préféré ça, la lumière, la chaleur. Je me plains pas. Tu sais bien que j’ai toujours froid. Tu sais bien que je deviens fou dans l’obscurité. Tu sais bien comment j’ai été content de prendre un coup de soleil sur la main à travers la fenêtre ouverte de mon 8e étage face à la Tour. Je dis juste que c’est pas la bonne odeur. Septembre ça sent pas ça. Septembre c’est la rentrée et la pluie s’abat sur les murs encore chaud de la ville pour y coller toute la poussière accumulée par ces jours à trainer à rien faire. Septembre ça sent les cahiers parce qu’on nous a enfermés à l’école tellement tôt qu’on aura toujours l’impression d’y revenir. À chaque fois qu’on nous impose des horaires, des gens assis à coté, un lieu clos, c’est à l’école qu’on retourne. Septembre ça sent l’écorce des bouleaux, un peu pour les mêmes raisons et d’ailleurs je suis absolument incapable de distinguer cette odeur de celle des épluchures du taille-crayons. Septembre ça sent le métal parce que le bleu du ciel en est fait. Septembre ça sent un peu le tiroir parce que l’écharpe y est restée un peu trop longtemps enfermée. Mais bon, ça caille le matin. J’ai pas eu le temps de la relaver. De toute façon elle était propre. Elle va s’aérer. Puis ça sèche pas le linge avec ce temps. De toute façon. Septembre ça sent les embruns d’une mer gris sombre et trop froide pour que le parfum en ait été corrompu par des immersions d’humains. Septembre ça sent le chien mouillé dans le coffre de la voiture, parce que lui il l’a pas trouvé trop froide l’eau, il y est allé. Il est con ce chien. Ça pue maintenant et si on ouvre les fenêtres on va se peler. Septembre ça sent le orange qu’on voit sur les arbres et par terre.

Et là ça sentait pas ça tu vois. Ça sentait le bitume ramolli la bière en terrasse les tomates la pierre de la cour les pneus de vélo un peu surgonflés le bleu flou-pale la peau chaude.

Et tu vois c’est un peu un problème. Parce que ça compte, les odeurs.


8 Notes

indiectators:

Nous les avons entendu arriver. Nous n’avons même pas eu à les guetter, tant ils faisaient du bruit, des bruits, tant leur odeur avait obscurci le ciel bien avant qu’ils se mettent à hurler leur soif de sang.
Nous avons toujours su que ce jour viendrait. Nous avons affermi nos corps, soudé nos esprits, délié nos muscles, et appris à nos mains les mille tours dont nous aurions besoin.
Nous avons peints nos visages en noir, en vieux noir, en noir de suie, en noir de nuit. Nous avons appris le goût de l’acier. Nous avons offert nos yeux au seigneur vent, et confié nos noms aux loups pour qu’ils ne cessent jamais de les chanter. Nous avons effacé nos traces, une à une, comme nous faisons chaque chose, en psalmodiant tout bas.
Et quand est venu l’heure de la dernière nuit, j’ai lissé tes plumes. Puis nous avons éteint les feux, nous avons bu les cendres et nous ne nous sommes pas enfuis.

indiectators:

Nous les avons entendu arriver. Nous n’avons même pas eu à les guetter, tant ils faisaient du bruit, des bruits, tant leur odeur avait obscurci le ciel bien avant qu’ils se mettent à hurler leur soif de sang.

Nous avons toujours su que ce jour viendrait. Nous avons affermi nos corps, soudé nos esprits, délié nos muscles, et appris à nos mains les mille tours dont nous aurions besoin.

Nous avons peints nos visages en noir, en vieux noir, en noir de suie, en noir de nuit. Nous avons appris le goût de l’acier. Nous avons offert nos yeux au seigneur vent, et confié nos noms aux loups pour qu’ils ne cessent jamais de les chanter. Nous avons effacé nos traces, une à une, comme nous faisons chaque chose, en psalmodiant tout bas.

Et quand est venu l’heure de la dernière nuit, j’ai lissé tes plumes. Puis nous avons éteint les feux, nous avons bu les cendres et nous ne nous sommes pas enfuis.

Coups de cœur