À bas l'humanité Avatar

8 Notes

indiectators:

Nous les avons entendu arriver. Nous n’avons même pas eu à les guetter, tant ils faisaient du bruit, des bruits, tant leur odeur avait obscurci le ciel bien avant qu’ils se mettent à hurler leur soif de sang.
Nous avons toujours su que ce jour viendrait. Nous avons affermi nos corps, soudé nos esprits, délié nos muscles, et appris à nos mains les mille tours dont nous aurions besoin.
Nous avons peints nos visages en noir, en vieux noir, en noir de suie, en noir de nuit. Nous avons appris le goût de l’acier. Nous avons offert nos yeux au seigneur vent, et confié nos noms aux loups pour qu’ils ne cessent jamais de les chanter. Nous avons effacé nos traces, une à une, comme nous faisons chaque chose, en psalmodiant tout bas.
Et quand est venu l’heure de la dernière nuit, j’ai lissé tes plumes. Puis nous avons éteint les feux, nous avons bu les cendres et nous ne nous sommes pas enfuis.

indiectators:

Nous les avons entendu arriver. Nous n’avons même pas eu à les guetter, tant ils faisaient du bruit, des bruits, tant leur odeur avait obscurci le ciel bien avant qu’ils se mettent à hurler leur soif de sang.

Nous avons toujours su que ce jour viendrait. Nous avons affermi nos corps, soudé nos esprits, délié nos muscles, et appris à nos mains les mille tours dont nous aurions besoin.

Nous avons peints nos visages en noir, en vieux noir, en noir de suie, en noir de nuit. Nous avons appris le goût de l’acier. Nous avons offert nos yeux au seigneur vent, et confié nos noms aux loups pour qu’ils ne cessent jamais de les chanter. Nous avons effacé nos traces, une à une, comme nous faisons chaque chose, en psalmodiant tout bas.

Et quand est venu l’heure de la dernière nuit, j’ai lissé tes plumes. Puis nous avons éteint les feux, nous avons bu les cendres et nous ne nous sommes pas enfuis.

5 Notes

Tout est Vrai (ou Presque) : Kurt Cobain

J’ai eu la chance et le plaisir de participer à l’écriture de 2 épisodes de la nouvelle saison de l’excellente série animée de mes potos Udner et Brunner. Le premier était diffusé hier soir sur ARTE et était consacré à Kurt Cobain, histoire de dire à mon moi de 14 ans que j’ai pas complètement rien branlé pendant qu’il écoutait des disques en regardant le plafond dans sa chambre.

L’histoire retiendra peut-être que le scénario de cet épisode a été écrit dans la cuisine où la légende prétend qu’a été fondé Minimum Rock&Roll

C’est marrant à faire, mais pas facile.

1 Notes

C’est pas tous les ans le plus beau jour de l’année.

C’est pas tous les ans le plus beau jour de l’année.

6 Notes

Mondo Bizarro #53 : Tremble

indiectators:

Appelle moi Centurion et je me permets de t’introduire mes légions : ici la peine, là, la désolation et derrière elles le renoncement. Mon nom, tais-le. Ne le veux pas savoir. On le feule éternellement à l’oreille des ressortissants du 7e cercle, celui des lâches. La mort elle-même voudrait ne…

Reprise des hostilités.

9 Notes

C’est vrai qu’elle a changé la ville et je caresse l’espoir que l’on puisse de notre vivant voir un jour la place du Havre débarrassée de ses algeccos de chantier.

Moi ça ne m’a jamais dérangé. Je l’ai probablement connu  trop vieux. Et tous les endroits où j’ai été jeune, j’en suis parti avant qu’ils ne me blessent. Je suis l’autre, celui qui est parti. Plein de fois. je suis toujours parti de partout. Parfois c’était trop tôt, parfois l’inverse. Là où j’arrivais  c’était trop tard. Peu importe, je n’ai jamais vraiment cherché à ce que quelque part ce soit chez moi.

Ce n’est pas une morale, juste une question d’hygiène en fait. Je ne me retourne pas pour regarder, il y a trop de squelettes qui me fixent, j’ai peur qu’ils m’appellent.

J’ai toujours eu pour toi un peu plus qu’une tendresse, une forme d’admiration. Je me souviens de Manu et Renaud lisant à voix haute la chronique de Rock Sound de "Beaucoup de bruit pour (presque) rien" dans un bar près de Beaubourg. Je me souviens du jeu de mots pitoyable employé par le magazine "Navet jamais navigué". Moi c’était avec les grandes sœurs et les grands frères que je trainais. Parfois les petits nous acceptaient à leur table. Ce jour là on était fier de la fierté qu’eux mêmes éprouvaient par procuration.

On était plein à dire, plein à penser, à se dire que ce serait bien de. Et toi tu faisais. Pas toujours bien, souvent trop vite. Et au final sans doute beaucoup trop.

Dans un interview que tu as probablement oubliée, tu me disais que Guerilla Poubelle ce n’était pas qu’un groupe, c’était un répertoire, un public. Au final, les gens qui jouaient dedans importaient peu. Dans la pochette d’Amor Fati, tu précises, d’ailleurs "Guerilla Poubelle, sur ce disque c’est…"

Si tu veux mon avis, quoi que je ne vois pas bien ce que tu pourrais en faire, ce qui se passe, c’est que Guerilla Poubelle c’est surtout toi. C’est un pur produit de tes obsessions, contraint dans ton écriture, limité par ta composition, sincère parce que tu ne sais pas faire autrement. Parfois embarrassant comme un ivrogne amoureux. parfois touchant comme un chiot qui lape le cadavre de sa mère. C’est toujours pareil parce qu’au final Guerilla Poubelle c’est une seule et même chanson. Des bouts qui s’empilent pour construire une prophétie auto réalisatrice. Un pessimisme méthodologique dans lequel l’écœurement du maintenant a conduit à une peur du demain avant de naturellement se rabattre sur une sublimation de l’hier. Mais tu sais, hier il pleuvait aussi, et à force de pas vouloir grandir t’en finirais presque par devenir un vieux con. Tu ne leurres personne. Toi même tu étouffes là-dedans. Guerilla Poubelle est devenu ta croix et c’est ailleurs que tu prends du plaisir. il est raté celui-ci de disque, mais tu dois le savoir. Il y a deux chansons vraiment bien que tu aurais pu sortir sur un 7” comme tu l’as fait tant de fois. Je peine à comprendre pourquoi tu l’as fait. Parce que tu ne veux pas laisser mourir GxP. Parce que tout le reste, le label, la distro, etc. tu l’as construit autour et que ce projet est ton extension la plus pure. Alors tu veux qu’il vive et tu agis de la seule manière qui te semble juste : tu fais, tu produis.

Je vais pas te mentir, j’ai proposé à un de mes rédacteurs en chef de faire un truc sur Amor Fati, de t’interviewer. Il m’a répondu que non, c’était vraiment pas bon. J’ai pas  trouvé d’arguments pour le contredire. Non ça n’est pas bon, mais en fait ça ne l’a probablement jamais été. Ça a probablement toujours été du punk-rock pas très bien accordé, sauvé par l’énergie, surjouant des textes à la fois trop écrit et trop gnangnan. Mais j’en sais rien. Tu me désarmes. Je peux même pas dire que tu fais partie de mes plaisirs coupables, d’une part parce que je ne t’écoute pas vraiment par plaisir, d’autre part parce qu’il n’y a aucune subversion dans ma démarche. Je ne me sens pas coupable. Je peux même pas dire que parfois je me reconnais dans tes chansons, ça n’a jamais été le cas. Je ne viens plus te voir en concert, c’est vraiment pas ma place, il y a des gamines vulgaires au premier rang qui ont la moitié de mon âge. Je suis incapable de dire pourquoi je t’écoute encore. Parce que tu l’as fait, et que tu le tiens. Par tendresse, par admiration. Peut-être justement parce que la ville a changé, nos vies ont changé, et que tu es la seule chose qui ne change pas. Tu es au final une sorte de martyre de notre croissance. Est-ce que ce n’est pas exactement ce que tu veux être ?

1 Notes

Ça raconte deux histoires qui se déroulent simultanément. Dans l’une, un couple de bandits inadaptés vient de braquer un bureau de poste et se dirige dans le soleil couchant vers le Rio Grande pour passer la frontière. Dans l’autre, 2 retraités veufs, riches et ivres, se foutent de la gueule de leurs copensionnaires dans une résidence médicalisée hors de prix à Menton en buvant des negronis. À un moment, au hasard d’une faille dans le système informatique de réservation d’une agence de voyage, les deux histoires se croisent dans un espace encore indéfini, sans pour autant que les personnages ne se rencontrent ni que ce hasard n’ait de conséquences sur le déroulement des histoires respectives.

Notes

7 Notes

Au pays des matins mauves

C’est J. Mascis le véritable ami du petit déjeuner. Several Shades Of Why, son précédent album solo compte parmi les rares disques que l’on peut qualifier d’universel du petit déjeuner. Il convient à toutes les températures, toutes les saisons. Au petit déjeuner d’hiver, où on passe du lit au canapé enroulé dans la couette alors que l’univers dehors est flouté par la buée sur la vitre ; au petit déjeuner de printemps quand on se réchauffe les pieds sur le losange de lumière découpé par le cadre de la fenêtre projeté sur le parquet ; au petit déjeuner paresseux et trainant de l’été, quand la peau dès le réveil sent le soleil ; au petit déjeuner de l’automne quand ce même soleil commence à se faire timide derrière des nuages qu’il peine à teinter d’une lumière brunâtre ; au petit déjeuner les yeux collés au journal dans la cuisine les matins de travail ; au petit déjeuner de vacances sur la table de la terrasse à la mer, quand le seul problème dans la vie est d’éloigner les abeilles du pot de miel.

Tied To A Star, le nouvel album de J. Mascis sort le 25 septembre et annonce d’ores et déjà qu’il se fera un plaisir d’accompagner les petits déjeuners de rentrée des classes. L’extrait publié hier soir s’intitule "Wide Awake", le précédent, publié il y a quelques semaines se nommait "Early In The Morning".

Sur son site, parmi les goodies proposés en accompagnement de la précommande du disque, on trouve un mug de café.

5 Notes

Les seigneurs de la guerre

Quand Rancid a publié Let’s The Dominoes Fall, en 2009, j’écrivais dans les Inrocks qu’en dépit d’un album plus que moyen, et qui en suivait un autre pas folichon, on pardonnerait tout à Rancid pour avoir été les derniers à accueillir Joe Strummer dans leur maison Hellcat Records. La somme de life achievements que je validais en écrivant les mots "Joe Strummer" dans la chronique d’un album de Rancid pour les Inrocks dépasse l’entendement.

Dans Joe Strummer : The Future Is Unwritten, de Julian Temple, on demande au leader du Clash comment il fallait le qualifier, comment il aimerait que l’on se souvienne de lui. Celui-ci répond "Punk rock warlord". Au tout début de ce film, qui est en réalité la compilation de pièces live de différents groupes Hellcat Records, la version filmée de la série Give ‘Em The Boot, on voit Joe Strummer les présenter, Tim Armstrong et lui, comme des "Punk rock warlords". Joe meurt peu après, de manière inattendue. Une malformation cardiaque congénitale qui aurait pu avoir raison de lui n’importe quand. Même en mourant, Joe nous donne une leçon : quand on vit, on meurt. Une grosse partie de ce film lui rend hommage.

J’étais déjà fan du Clash quand je suis tombé sur Rancid, via un dossier "Fils de punk" dans un Rock’n’Folk datant de l’automne 1995 que j’avais acheté parce que Green Day était en couverture. Avant même d’écouter …And Out Come The Wolves, qui sortait alors, j’étais fou d’eux. Leurs dégaines, leur esthétique, leurs pochettes. Ils étaient tout ce que je n’étais pas : menaçants, radicaux, unis. Une meute. Leur idéologie était sommaire mais sans ambiguïté, ils étaient flippants comme des zonards mais parlaient assez peu de drogue (sujet qui continue, aujourd’hui, à me terrifier). Ils semblaient prêt à mourir les uns pour les autres.

Elle est là la guerre dont ils sont les seigneurs. Ce n’est pas une guerre économique, pas une guerre de territoire (en tout cas ça ne devrait pas l’être), pas une guerre idéologique. C’est une guerre parce que chaque guerrier est ton frère et que chaque corps qui tombe est aussi un peu le tien.

Mais au final cette guerre là, comme les autres, je préfère m’en faire réformer. Sinon je la déserte. Mais je garde la bande-son.

2 Notes

They're On Fire

indiectators:

Un disque hommage à Born In The USA s’annonce. Premier extrait : Low reprend “I’m On Fire”. Sainte merde, comme dirait l’autre.

Coups de cœur